• Increase
  • Decrease
  • Normal

Current Size: 100%

Les paysages

Version imprimableEnvoyer par mailversion PDF

Une logique de vallées en zone de montagne


Le cadre montagneux

Le milieu naturel est au cœur de l’identité du territoire, il a conditionné l’implantation humaine au cours du temps. L’environnement représente une valeur patrimoniale forte des Vallées Catalanes du Tech et du Ter. En effet, protégés de la surfréquentation touristique grâce à l’enclavement de la vallée, les espaces restent sauvages et les conditions climatiques de la vallée rendent son quotidien très agréable.

La partie orientale des Pyrénées et le pic du Canigou

Son imposante masse et son profil ont longtemps fait passer le Canigou pour le plus haut sommet d'Europe. Mais ses 2 784 mètres ont fini par démentir la légende sans porter atteinte à sa dimension « sacrée » pour les Catalans. De part et d'autre de la frontière, le Canigou est le symbole de l'unité catalane. Il est omniprésent dans les paysages au Nord comme au Sud et visible de très loin.

Situé sur le territoire français, le Pic du Canigou constitue l'ultime avancée vers l'Est d'une longue succession de montagnes qui forme les Pyrénées. Il est situé entre le fossé constitué par la Cerdagne et la vallée de la Têt au Nord, la faille de la vallée du Tech au Sud et la vallée du Ter qui s’étend perpendiculairement au massif vers le Sud. Depuis le sommet du Canigou, le massif montagneux se prolonge vers l'Ouest par les crêtes schisteuses du Tres-Vent, s'élargit en un plateau herbeux et arrondi, le Pla Guilhem, puis se rétrécit pour dessiner l'échine tranchante de l'Esquerdre de Rotja et de Roc Colom. Depuis le Pic de Costabonne, l'arête rocheuse suit la frontière en une succession de pics avec les sommets des montagnes de la Carança (la Dona, le Géant, l'Enfer, Eyne, ...), puis se rattache au Puigmal et plus loin à la Sierra del Cadi en Espagne.

Le territoire catalan en Espagne : La Haute vallée du Ter et la vallée du Ritort

Le fleuve Ter s’étend sur 208 km, avec une superficie de bassin de 3 010 km2. Il est situé à l’extrémité nord-orientale de la Catalogne. Il débute son cours dans les Pyrénées et se jette dans la Méditerranée après avoir traversé 154 communes.

La haute vallée du Ter commence dans le cirque d’Ulldeter, à 2 396 mètres d’altitude, où naît la rivière, entourée de hautes cîmes comme le Gra de Fajol (2 708 m), le Puig de Bastiments (2 874 m), le col de la Geganta, le Pic de la Dona (2 702 m), la Portella de Mantet (2 435 m), le pic de la llosa (2 503 m), la Portella de Concròs et Roc Colom (2 502 m), qui la sépare du Conflent et qui sont les plus hautes et sauvages de ce secteur. Le Costabonne (2 464 m) est le point de partage des eaux avec le Ritort. Toutes ces cîmes forment la limite septentrionale des communes de Setcases, au point le plus au nord et élevé de la vallée du Ter. La vallée comprend ensuite Vilallonga de Ter (avec Tregurà) et Llanars, dominés par la Serra Cavallera et la Serra del Catllar.

La vallée de Molló ou du Ritort est formée entre le Costabonne et le Col d’Ares (1 562 m, entre les puigs dels Baladres, 1 629 m, et Montfalgars, 1 610 m). Au Col d’Ares passe l’unique route reliant le territoire de Camprodon au Vallespir.

La vallée appartient également à la ligne axiale pyrénéenne et comprend les communes de Molló et de Camprodon (dont l’ancienne commune de Freixenet et les hameaux de Cavallera et de Creixenturri). Le Ter récupère les eaux du Ritort à Camprodon et poursuit seul sa route formant ainsi, par leurs parcours un Y qui structure cet espace territorial.

A partir de Camprodon, la vallée du Ter descend jusqu’à Sant Pau de Segúries et Sant Joan de les Abadesses (à 750 m) puis au-delà vers la Méditerranée. La haute vallée du Ter sur le territoire du futur Pays d’Art et d’Histoire présente ainsi un dénivelé de plus de 2 000 mètres.

En terres françaises : Le Vallespir, les vallées de la Muga et de la Rome

La « Valle Asperii », vallée encaissée et sauvage, d’un relief particulièrement vigoureux, est celle du cours du Tech. En 30 km à vol d’oiseau on passe de 80 m d’altitude au Boulou à 2 731 m au Pic des Très Vents et 2 507 m au Roc Colom, dans le massif du Costabonne, où le Tech prend sa source. Le fleuve traverse ensuite la plaine du Roussillon avant de se jeter, comme le Ter à travers la plaine de l’Empordà, dans la Méditerranée. Morphologiquement, le Vallespir coincide avec les cours haut et moyen du Tech.

Si la vallée du Tech est très encaissée, le bassin de Saint-Laurent-de-Cerdans présente des replats plus fréquents. Coustouges et la haute vallée de la Muga regardent vers la Garrotxa : ici la frontière entre les deux Etats n’a pas de limite naturelle. Le Vallespir offre ainsi un fort contraste entre les hautes montagnes du Canigou et la vallée, un contraste qui permet de distinguer trois régions naturelles. Le haut Vallespir est la partie la plus montagneuse et la plus isolée. Il commence à Arles-sur-Tech et remonte jusqu’aux sources du Tech. Il est formé par une vallée étroite plus encaissée, dominée par les cîmes au-dessus de 2 700 m (les tres Vents et le Rotja). Le moyen et bas Vallespir sont également marqués, au Sud, par la montagne avec la chaîne des Albères, de plus faible altitude, qui a souffert d’une forte érosion et dont les crêtes présentent un relief plus doux. Le moyen et le bas Vallespir sont moins facilement dissociables. Le moyen Vallespir correspond à la moyenne montagne, depuis Arles-sur-Tech jusqu’à Céret. Le bas Vallespir est formé par le bassin de Céret (de Céret au Boulou), une fosse emplie par les dépôts de la fin du Tertiaire et du Quaternaire. Il est limité au Nord par les Aspres et au Sud par les massifs du Roc de France et des Albères. Ce bassin communique par la vallée du Tech avec la plaine quaternaire du Roussillon, qui est formée d’anciens marais. 

Enfin, la Vallée de la Rome, du nom du cours d’eau qui la traverse, est la ligne de démarcation géomorphologique et écologique entre les hautes vallées du Tech et du Ter  (sous influence pyrénéenne) et le massif des Albères (méditerranéen). Elle est le point de passage immémorial entre la péninsule ibérique et le reste de l’Europe. La vallée comprend depuis Le Boulou et Maureillas-las-Illas, les communes de Les Cluses, L’Albère et Le Perthus, sur la frontière.

Climatiquement, le territoire appartient déjà au versant sud des Pyrénées. Les conditions passent d’Est en Ouest d’un climat de transition entre une zone climatique typiquement méditerranéenne à l’Est (été chaud et sec) et le climat montagnard humide à l’Ouest. Ainsi les vallées du Ter et du Ritort possèdent un climat de montagne pluvieux qui est comparable aux climats de l’Europe Centrale. En outre, la grande variation altitudinale entraîne également des changements climatiques très marqués et par conséquent une grande diversité végétale et paysagère. On passe ainsi progressivement du climat méditerranéen au climat montagnard.

 

L’omniprésence de la forêt

Dans l’ensemble, les forêts, les maquis, et les prés recouvrent plus de 90 % du territoire. La forêt particulièrement présente en Vallespir représente 80 % de la surface, soit la plus forte densité des Pyrénées-Orientales. L’étagement de la végétation donne une valeur et constitue une ressource particulière à ce territoire : typiquement méditerranéennes, les forêts de chêne-liège et chênes verts autour de Céret cèdent peu à peu la place aux châtaigniers dont les plantations se sont multipliées à la fin du XIXe siècle.

Entre 400 et 600 mètres pour le Vallespir et jusqu’à 1000-1300 mètres pour la haute vallée du Ter s’étend le domaine de la moyenne montagne subméditerranéenne. L’étage du chêne vert montagneux y débute puis celui du chêne pubescent (jusqu’à 800 mètres en vallespir), du buis, des fougères aigle ou du pin sylvestre. Les chênaies de chênes pubescents et le buis y dominent. Les pinèdes secondaires de pin sylvestre, de pin laricio et de pin à crochet ont une grande importance, dominants souvant les ubacs. On y trouve de manière très localisée le chêne séssile, l’érable à feuille d’aubier et le châtaignier.

Dans les étages supérieurs en Vallespir, entre 1200 et 1800 mètres, le hêtre est dominant et voisine avec les plantations de résineux effectuées par l’Etat dans le cadre du maintien des sols (politique forestière de Restauration des Terrains de Montagne), après notamment les inondations de 1940.

Le domaine de la moyenne montagne d’Europe centrale comprend les versants, principalement ombragés, entre 500-700 et 1600-1700 m. Ce sont les terres de prédominance des forêts caducifoliées aux endroits humides et de la hêtraie avec l’éllebore verte, très présente dans le secteur oriental. On y trouve également des forêts étendues de pins sylvestres, quelques sapinières, landes de bruyères, couverts de genêts et de fougères, prés et paturages humides.

Le domaine de la haute montagne subalpine se trouve entre 1600 et 2000-2200 m. C’est l’étage des forêts subalpines ou nord européennes caractérisé par des conifères de haute montagne, surtout le pin laricio avec des sous-bois de rhododendrons, de myrtilles ou d’airelles et de genévriers. Dans les parties inférieures et ombreuses, abonde le sapin et les endroits ombragés sont propices au hêtre, bouleau et noisetier. Les pâturages occupent une partie importante du territoire du pin laricio.

La haute montagne alpine sur la commune de Setcases correpond à l’étage des prés alpins, au-delà de 2 000-2 300 m. Le paysage ressemble à celui des terres boréales ou artiques du nord de l’Europe avec cependant des différences notables. Seuls différents types de pelouses naturelles developpent leur cycle vital durant la période estivale.

Les ripisylves sont des lieux d’une grande diversité qui tranche parfois avec la monotonie des peuplements de versants. On peut localement recenser plus de 15 essences d'arbres différentes sur une portion du territoire réduite au regard de la superficie totale du bassin versant. L’aulne glutineux, les peupliers noir et blanc, les saules, les frênes, oxyphylle et commun, et le micocoulier sont les espèces les plus courantes alors que le tilleul, les érables et le merisier se révèlent plus rares.

 

Les traces des aïguats

Pays humide, le territoire porte encore les stigmates des aiguats (crues) qui y atteignent leur plus grande violence : en témoignent les hautes pentes du massif du Canigou, profondément ravinées par la torrentialité, vers la Coumelade ou la Parcigoule, les grands glissements de terrain aussi, toujours pas cicatrisés depuis octobre 1940, à l’Avellanosa ou à la Pouillangarde, en aval de Prats-de-Mollo. La reforestation a été ici la plus spectaculaire, en particulier sur le territoire français après 1940, sur les périmètres de Restauration des Terrains en Montagne où ont été replantés des mélèzes, sapins et épicéas. Les rachats forcés des terrains à reboiser par l’Etat après 1940 ont accéléré l’exode rural et le pays s’est vidé de sa substance.

 

Le pastoralisme

Le pastoralisme est une des composantes majeures du massif pyrénéen. Les prés et pâturages, qui ont une extension très importante notamment dans les vallées de Camprodon et sur la commune de Prats-de-Mollo, reçoivent en estive les troupeaux venus des vallées alentours par les drailles. Les bergers s’abritent dans les abris sommaires que constituent les « orris » mais aussi dans les jasses, lieu de regroupement du bétail et proche du refuge pastoral.

Dans les hautes vallées du Ter, les troupeaux abondants, surtout les bovins et les ovins, sont la principale richesse des mas. Aujourd’hui, les chevaux et mûles sont en baisse, alors que les porcins connaissent une augmentation considérable à tel point que l’industrie locale du porc approvisionne la contrée et exporte une quantité considérable hors de la vallée.

 

L’agriculture

Toujours en altitude, l’agriculture est basée sur la culture de la pomme de terre et du seigle, la seule céréale adaptée à l’altitude ; complément au trèfle qui, avec l’herbe, alimente le bétail.

En revanche, la géologie et la géographie du haut et moyen Vallespir ne permettent pas la mise en culture du sol, occupé par la seule filière de l’élevage et par les fourrages, les prés artificiels (qui ont donné leur nom à Prats-de-Mollo) et des surfaces d’herbes pâturages. Le Bas Vallespir est la seule zone facilement cultivable grâce aux apports du Tech, argiles, alluvions lourdes et arènes légères qui drainent bien l’eau. Il donne aussi origine à un réseau de canaux d’irrigation qui permet les cultures dans les jardins. La viticulture et l’arboriculture (pommiers et abricotiers) sont les activités agricoles principales. Autour de Céret, deux micro-filières sont installées avec le mimosa et la cerise.

 

L’usage de l’eau

L’eau courante du Tech et du Ter est une ressource anciennement maîtrisée. D’abord pour l’irrigation, attestée au Moyen Âge, mais aussi comme énergie pour l’activation des moulins. Sur les versants du Canigou, notamment, le paysage est organisé par un réseau de canaux d’irrigation dont l’infrastructure remonte au Moyen-Âge et qui était fortement réglementé par des droits et des usages. Ce système a été largement détruit par la crue de 1940 et reconstruit.

La montagne est également parsemée de nombreuses sources et fontaines, la plus grande partie sur une couronne autour du massif et proche des cours des ruisseaux.

En outre, profitant des chutes d’eaux, l’industrie électrique est implantée dans les hautes vallées en particulier à Molló, où depuis 1900, la chute d’eau d’un ancien moulin fournissait de la lumière à la population. Les centrales électriques actuelles les plus importantes sont celle de Brutau, inaugurée en 1909 à Vilallonga de Ter, et celle plus moderne de Tregurà en 1961.

 

Les villages et l’habitat dispersé

L’habitat a conservé une certaine homogénéité. A l’exception des villes situées sur le principal axe de communication, les cellules urbanisées de la montagne n’ont connu que de faibles extensions. Ainsi elles ont conservé une relative harmonie, tant en ce qui concerne les matériaux et techniques de construction utilisés que pour la structuration et l’organisation de l’habitat. Ceci est dû à la constance des moyens de subsistance et de l’organisation  de la société villageoise qui n’ont pas connu le développement important des zones moins éloignées de la plaine.

A l’exception des quelques villes des berges du Tech et du Ter, le territoire est caractérisé par un important habitat dispersé de mas répartis sur les pentes, parfois regroupés en hameaux, et de petits villages développés autour d’anciens sites souvent fortifiés et dominés par une abbaye ou un château.

En zone d’estive, l’occupation humaine temporaire est organisée autour des bergeries d’altitude (les cortals), des enclos, des cabanes et des couloirs à traire bâtis en pierre sèche.

Les villes et villages présentent différents types d’implantation adaptés aux relief, morphologie et orientations des vallées. Ils sont installés à l’abri du vent, ils évitent les lieux plats et les meilleurs sols, souvent au long des fleuves principaux en piémont de massif.

Le bâti a, en outre, une relation très particulière avec les activités économiques et le développement urbain du XXe siècle est très différent suivant l’économie de base du village : agriculture, activités minières ou thermalisme. Le développement relativement circonscrit de l’industrie textile à Saint-Laurent-de-Cerdans, et de manière plus développée autour de Sant Joan de les Abadesses et de Camprodon, avec la présence de diverses colonies textiles, de l’exploitation minière à Arles-sur-Tech et du thermalisme à Amélie-les-Bains, au Boulou et à Prats-de-Mollo, ont contribué à faire évoluer l’habitat. Ainsi l’architecture thermale a fait son apparition à partir du XIXe siècle, mais en dehors des vieux centres urbains. De la même manière et parallèlement, le pyrénéisme a généré une importante architecture de villégiature dans les vallées de Camprodon.

Dans les années 50, un nouveau type d’urbanisation a commencé à apparaître, importé du Nord de l’Europe, le lotissement. Ces derniers occupent les terrains plats de part et d’autre des fleuves et des routes. Puis sont apparues les zones dites artisanales et commerciales directement en contact avec la route.

Rechercher

.

A l'affiche

Lumière sur une oeuvre : L'Albère deux églises romanes

A l'Albère, découvrez les deux églises romanes, Saint-Jean et Saint-Martin, installées dan sun village situé aux portes du mas...

>> Découvrir...
JOURNEES EUROPEENNES DU PATRIMOINE 2017

Venez découvrir les Vallées Catalanes à l'occasion des Journées Européennes du Patrimoine en France et en Catalogne Su...

>> Découvrir...

Agenda des Activités

lu ma me je ve sa di
 
 
 
 
1
 
2
 
3
 
4
 
5
 
6
 
7
 
8
 
9
 
10
 
11
 
12
 
13
 
14
 
15
 
16
 
17
 
18
 
19
 
20
 
21
 
22
 
23
 
24
 
25
 
26
 
27
 
28
 
29
 
30
 
 

Rechercher une activité par l’agenda : cliquez sur le jour de votre choix